Skip to main content

Full text of "Les uns et les autres: comédie en un acte et en vers"

See other formats


Google 



This is a digital copy ofa book thaï was preservcd l'or gênerai ions on library sIil'Ivl-s before il was carcl'ully scaiincd by Google as part ol'a projet:! 

io make ihc workl's books discovcrable online. 

Il lias survived long enough l'or the copyright lo expire and the book to enter the public domain. A publie domain book is one thaï was never subjeet 

to copyright or whose légal copyright terni lias expired. Whether a book is in the public domain may vary country tocountry. Public domain books 

are our gateways to the past. representing a wealth ol'history. culture and knowledge that's ol'ten dil'licult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this lile - a reminder of this book's long journey from ihc 

publisher lo a library and linally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries lo digili/e public domain malerials and make ihem widely accessible. Public domain books belong lo ihc 
public and wc are merely iheir cuslodians. Neverlheless. this work is ex pensive, so in order lo keep providing this resource, we hâve laken sleps lo 
prevent abuse by commercial parties, iiicludiug placmg Icchnical restrictions on aulomaled t|uerying. 
We alsoask that you: 

+ Make non -commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals. and we request lhai you use thesc files for 
pcrsonal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from mttoinated querying Donot send aulomaled t|ueries ol'any sortit) GtK)gle's System: II' you are conducling research on machine 
translation, optical character récognition or olher areas where access to a large amounl of lext is helpl'ul. please contact us. We encourage the 
use of public domain malerials l'or ihese purposes and may bc able lo help. 

+ Maintain attribution The Google "walermark" you see on each lile is essential for informing people about this projecl and hclping them lind 
additional malerials ihrough Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember thaï you are responsible for ensuring lhat whal you are doing is légal. Do not assume that just 
becausc we believe a btx>k is in the public domain for users in ihc United Siatcs. lhat ihc work is also in the public domain for users in other 

counlries. Whelher a book is slill in copyright varies from counlry lo counlry. and we can'l offer guidanec on whelher any spécifie use of 
any spécifie btx>k is allowed. Please do nol assume lhal a btx>k's appearance in Google Book Search mcans il can bc used in any manner 
anywhere in the world. Copyrighl iiifriiigemenl liabilily can bc quite severe. 

About Google Book Search 

Google 's mission is lo organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover ihe world's books while liclpnig au il mis and publishers rcach new audiences. You eau search through the l'ull lexl ol'lhis book ou the web 
ai |http : //books . qooqle . com/| 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine cl sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page cl autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public cl de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres soni en effet la propriété de tous et de toutes cl nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 

dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Cioogle Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des lins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyé/ aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésite/ pas à nous contacter. Nous encourageons (tour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable (tour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous compte/ faire des fichiers, n'oublie/ pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduise/ pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le franoais. Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs cl les cdilcurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l' adresse f-'- '.. ■" : / / .:y:, ■:,:.:: . :■■:,■:, r-._^ . --:.;-| 



I 



PAUL VERLAINE 



,ES UNS ET LES AUTRES 



OMEDIE EN i N K'.TE 

I I ! ■ 









PARIS 

■ il G II LlBUAlKE-ÉllITEl R 

1 9, ijiîai sa! ■■■ Micu il. . 1 1» 



LES UNS ET LES AITRKS 



:ïi: :r 



M i. . i . . - » 4 •« «■<«•» 



LES UNS ET LES AUTRES 



» _ » 



COMEDIE DEDIEE A 

Théodore de Banville. 



DU MÊME AUTEUR 



ŒUVRES POÉTIQUES 

Poèmes saturniens. 

La bonne Chanson. 

Fêtes galantes. 

Romances sans paroles. 

Sagesse. 

Jadis et Naguère. 

Amour. 

Parallèlement. 

Bonheur. 

PROSE 

Les Poètes maudits. 

Les Mémoires d'un veuf. 

Louise Leclercq. 

20 biographies littéraires publiées dans les Hommes 

d'aujourd'hui. 
Mes Hôpitaux (sous presse). 

THEATRE 

Madame Aubin, 1 acte en prose. 



PAUL VERLAINE 



LES UNS ET LES AUTRES 



COMEDIE EN UN ACTE 

ET EN VERS 



V 



a.-r" 



PARIS 

LEON VANIER, LIBRAIRE-ËDITEUR 

19, QUAI SAIKTHICIIEL, 19 



U5 



PERSONNAGES 



Myrtil 

Sylvandre 

Mezzetin 

CORYDON 

Un Bergamasque 

rosalinde 

Ghloris 

Aminte 

Phillis 

Bergers, Masques. 



MM. Krauss, de TOdéon, 

Paul Franck, du Gymnase, 
Engel, de l'Opéra, 
Henry Huot, du Théâtre d'Art, 
Albert Girault, du Théâtre d'Art, 

M 11 " Moreno, de la Comédie-Française, 
Lucy Gérard, du Gymnase, 
Suzanne Gay, du Théâtre d'Art, 
Denise Ahmers, du Théâtre d'Art, 



La scène se passe dans un parc de Wateau, vers une fin 
d'après-midi d'été. 

Une nombreuse compagnie d'hommes et de femmes est 
groupée, en de nonchalantes attitudes, autour d'un chan- 
teur costumé e?i Mezzetin qui s*accompagne doucement sur 
une mandoline. 






J 
I 



LES UNS ET LES AUTRES 



SCÈNE I 
Mezzetin, chantant. 

Puisque tout n'est rien que fables, 
Honnis d'aimer ton désir, 
Jouis vite du loisir 
Que te font des dieux affables. 

Puisqu'à ce point se trouva 
Facile ta destinée, 
Puisque vers toi ramenée 
L'Arcadie est proche, — va ! 

Va! le vin dans les feuillages 
Fait éclata* les beaux yeux 
Et battre les cœurs joyeux 
A V étroit sous les corsages. . . 

Philis, à Mezzetin. 

Bien chanté! Grand merci î Vous m'êtes un délice... 

* 
Mezzetin 

Vous m'êtes un nectar.... 

1. 



AV ' 



6 LES UNS ET LES AUTRES 



Un Bergamasque, au Mezzetin. 

Je suis votre complice! 

Mezzetin, à Phillis. 
Je suis bien... 

Phillis 

Je suis mienne .. 

Mezzetin 

Et quel est mon souci 
De ne pouvoir trop vous le dire ! 

Phillis, pirouettant. 

Nous aussi ! 

Gorydon 

A l'exemple de la cigale nous avons 
Chanté... 

Aminte 
Si nous allions danser? 

Tous, moins Myrtil, Rosalinde, Sylvandre 

et Chloris. 

Nous vous suivons ! 
(Ils sortent, à V exception des mêmes.) 



LES UNS ET LES AUTRES 



SCÈNE II 
Myrtil, Rosalinde, Sylyandre , Chloris 

Rosalinde, à Myrtil. 
Restons. 

Chloris, à Sylvandre. 

Favorisé, vous pouvez dire l'être : 
J'aime la danse à m'en jeter par la fenêtre, 
Et si je ne vais pas sur l'herbette avec eux 
C'est bien pour vous ! 

(Sylvandre la presse.) 

Paix-là ! Que vous êtes fougueux ! 

(Sortent Sylvandre et Chloris.) 



SCÈNE III 

Myrtil, Rosalinde 

Rosalinde 
Parlez-moi. 

Myrtil 

De quoi voulez-vous donc que je cause ? 
Du passé ? Cela vous ennuierait, et pour cause. 



8 LES UNS ET LES AUTRES 



Du présent ? A quoi bon, puisque nous y voilà? 
De l'avenir? Laissons en paix ces choses-là ! 

Rosalinde 
Parlez-moi du passé. 

Myrtil 
Pourquoi ? 

Rosalinde 

C'est mon caprice. 
Et fiez- vous à la mémoire adulatrice 
Qui va teinter d'azur les plus mornes jadis 
Et masque les enfers anciens en paradis. 

Myrtil 

Soit donc ! J'évoquerai, ma chère, pour vous plaire, 

Ce morne amour qui fut, hélas! notre chimère, 

Regrets sans fin, ennuis profonds, poignants remords, 

Et toute la tristesse atroce des jours morts ; 

Je dirai nos plus beaux espoirs déçus sans cesse ; 

Ces deux cœurs dévoués jusques à la bassesse 

Et soumis l'un à l'autre, et puis, finalement, 

Pour toute récompense et tout remerciement, 

Navrés, martyrisés, bafoués l'un par l'autre, 

Ma folle jalousie étreinte par la vôtre, 



». 



LES UNS ET LES AUTRES 



9 



Vos soupçons complétant l'horreur de mes soupçons, 
Toutes vos trahisons, toutes mes trahisons ! 
Oui, puisque ce passé vous flatte et vous agrée, 
Ce passé que je lis tracé comme à la craie 
Sur le mur ténébreux du souvenir, je veux, 
Ce passé tout entier, avec ses désaveux 
Et ses explosions de pleurs et de colère, 
Vous le redire, afin, ma chère, de vous plaire ! 

Rosalinde 

Savez-vous que je vous trouve admirable, ainsi 
Plein d'indignation élégante? 

Myrtil, irrité. 

Merci ! 

Rosalinde 

Nous vous exagérez aussi par trop les choses. 
Quoi! pour un peu d'ennui, quelques heures moroses, 
Vous lamenter avec ce courroux enfantin ! 
Moi, je rends grâce au dieu qui me fit ce destin 
D'avoir aimé, d'aimer l'ingrat, d'aimer encore 
L'ingrat qui tient de sots discours, et qui m'adore 
Toujours, ainsi qu'il sied d'ailleurs en ce pays 
De Tendre. Oui ! Car malgré vos regards ébahis 



10 LES UNS ET LES AUTRES 

Et vos bras de poupée inerte, je suis sûre 
Que vous gardez toujours ouverte la blessure 
Faite par ces yeux-ci, boudeur, à ce cœur-là. 

Myrtil, attendri. 

Pourtant le jour où cet amour m'ensorcela 
Vous fut autant qu'à moi funeste, mon amie 
Croyez-moi, réveiller la tendresse endormie, 
C'est téméraire, et mieux vaudrait pieusemeut 
Respecter jusqu'au bout son assoupissement 
Qui ne peut finir que par la mort naturelle. 

Rosalinde 
Fou ! par quoi pouvons-nous vivre, sinon par elle ! 

Myrtil, sincère. 
Alors, mourons ! 

Rosalinde 

Vivons plutôt! Fût-ce à tout prix! 
Quant à moi, vos aigreurs, vos fureurs, vos mépris, 
Qui ne sont, je le sais, qu'un dépit éphémère, 
Et cet orgueil qui rend votre parole amère. 
J'en veux faire litière à mon amour têtu, 
Et je vous aimerai quand même, m'enfends-tu t 



LES UNS ET LES AUTRES 11 



Myrtil 
Vous êtes mutinée... 

ROSALINDE 

Allons, laissez-vous faire ! 

Myrtil, cédant. 
Donc, il le faut ! 

Rosalinde 

Venez cueillir la primevère 
De l'amour renaissant timide après l'hiver. 
Quittez ce front chagrin, souriez comme hier 
A ma tendresse entière et grande, encor qu'ancienne ! 

Myrtil 

Ah ! toujours tu m'auras mené, magicienne ! 

(Ils sortent. Rentrent Sylvandre et Chloris.) 




SCÈNE IV 
Sylvandre, Chloris 

Chloris, courant. 

Sylvandre 



12 LES UNS ET LES AUTRES 



Chloris 
Je ne veux pas... 

Sylvandre, la baisant sur la nuque. 

Dites : je ne veux plus ! 

(La tenant embrassée.) 

Mais voici, j'ai fixé vos vœux irrésolus 

Et le milan affreux tient la pauvre hirondelle. 

Chloris 

Fi ! Faction vilaine ! Au moins rougissez d'elle ! 
Mais non ! Il rit, il rit ! 

(Pleurnichant pour rire.) 
Ah, oh, hi, que c'est mal ! 

Sylvandre 

Tarare ! mais le seul état vraiment normal, 
C'est le nôtre, c'est, fous l'un de l'autre, gais, libres, 
Jeunes et méprisant tous autres équilibres 
Quelconques, qui ne sont que cloche-pieds piteux, 
D'avoir deux cœurs pour un,ct, chère âme, un pour deux ! 

Chloris 

Que voilà donc, monsieur l'amant, de beau langage ! 
Vous êtes procureur ou poète, je gage, 



LES UNS ET LES AUTRES 13 



Pour ainsi discourir, sans rire obscurément. 

Sylvandre 

Vous vous moquez avec un babil très charmant, 
Et me voici deux fois épris de ma conquête : 
Tant d'éclat en vos yeux jolis, et dans la tête 
Tant d'esprit ! Du plus fin encore, s'il vous plaît. 

Ghloris 

Et si je vous trouvais par hasard bête et laid, 
Fier conquérant fictif, grand vainqueur en peinture? 

Sylvandre 

Alors, n'eussiez-vous pas arrêté l'aventure 
De tantôt, qui semblait exclure tout dégoût 
Conçu par vous, à mon détriment, après tout? 

Ghloris 

la fatuité des hommes qu'on n'évince 

Pas sur-le-champ ! Allez, allez, la preuve est mince 

Que vous invoquez là d'un penchant présumé 

De mon cœur pour le vôtre, aspirant bien-aimé. 

— Au fait, chacun de nous vainement déblatère 

Et, tenez, je vais dire mon caractère, 

Pour qu'étant à la fin bien au courant de moi 

Si vous souffrez, du moins vous connaissiez pourquoi. 

Sachez donc... 

2 



14 LES UNS ET LES AUTRES 



Sylvaxdre 

Que je meure ici ma toute belle 
Si j'exige... 

Ciiloris 

— Sachez d'abord vous taire. — Or celle 
Qui vous parle est coquette et folle. Oui, je le suis. 
J'aime les jours légers et les frivoles nuits; 
J'aime un ruban qui m'aille, un amant qui me plaise, 
Pour les bien détester après tout à mon aise. 
Vous, par exemple, vous, monsieur, que je n'ai pas 
Naguère tout à fait traité de haut en bas, 
Me dussiez-vous tenir pour la pire pécore, 
Eh bien, je ne sais pas si je souffre encore ! 

Sylvandre, souriant. 
Dans le doute... 

Ciiloris, coquette, s* enfuyant. 

€ Abstiens-toi, » dit l'autre. Je m'abstiens. 

Sylvandre, presque naïf. 
Ah ! c'en est trop, je souffre et m'en vais pleurer. 



LES UNS ET LES AUTRES 15 



Chloris, touchée, mais gaie. 

Viens, 
Enfant, mais souviens-toi que je suis infidèle 
Souvent, ou bien plutôt, capricieuse. Telle 
Il faut me prendre. Et puis, voyez-vous, nous voici 
Tous deux, bien amoureux, — car je vous aime aussi, — 
Là ! voilà le grand mot lâché ! Mais... 



cruelle 



Sylvandre 

Réticence ! 

Chloris 



Attendez là fin, pauvre cervelle. 
Mais, dirais-je, malgré tous nos transports et tous 
Nos serments mutuels, solennels, et jaloux 
D'être éternels, un dieu malicieux préside 
Aux autels de Paphos — 

(Sur un geste de dénégation de Sylvandre.) 

C'est un fait — et de Gnide. 
Telle est la loi qu'Amour à nos cœurs révéla. 
L'on n'a pas plutôt dit ceci qu'on fait cela. 
Plus tard on se rcpent, c'est vrai, mais le parjure 
A des ailes, et comme il perdrait sa gageure 



■ * 



iO' 



16 LES UNS ET LES AUTRES 



Celui qui poursuivrait un mensonge envolé! 

Qu'y faire? Promener son souci désolé, 

Bras ballants, yeux rougis, la tête décoiffée, 

A travers monts et vaux, ainsi qu'un autre Orphée, 

Gonfler l'air de soupirs et l'océan de pleurs 

Par l'indiscrétion de bavardes douleurs? 

Non, cent fois non! Plutôt aimer à l'aventure 

Et ne demander pas l'impossible à Nature ! 

Nous voici, venez-vous de dire, bien épris 

L'un de l'autre, soyons heureux, faisons mépris 

De tout ce qui n'est pas notre douce folie ! 

Deux cœurs pour un, un cœur pour deux... je m'y rallie, 

Me void votre, tienne!... Etes- vous rassuré? 

Tout à l'heure j'avais mille fois tort, c'est vrai, 

D'ainsi bouder un cœur offert de bonne grâce, 

Et c'est moi qui revient à vous, de guerre lasse. 

Donc aimons-nous. Prenez mon cœur avec ma main, 

Mais, pour Dieu, n'allons pas songer au lendemain, 

Et si ce lendemain doit ne pas être aimable, 

Sachons que tout bonheur repose sur le sable, 

Qu'en amour il n'est pas de malhonnêtes gens, 

Et surtout soyons-nous l'un à l'autre indulgents, 

Cela vous plaît? 

Sylvandre 
Cela me plairait si... 



LES UNS ET LES AUTRES 17 



SCENE V 
Les précédents, Myrtil 

Myrtil, survenant. 

Madame 
A raison. Son discours serait l'épi thalame 
Que j'eusse proféré si. 

Ghloris 

Cela fait deux « si », 
C'est un de trop. 

Myrtil, à Chloris. 

Je pense absolument ainsi 
Que vous. 

Chloris, à Sylvandre. 

Et yous, monsieur? 

Sylvandre 

La vérité m'oblige... 

Chloris, au même. 
Et quoi, monsieur, déjà si tiède!... 

Myrtil, à Chloris. 

L'homme-lige 
Qu'il vous faut, ô Chloris, c'est moi... 

2. 



18 LES UNS ET LES AUTRES 



SCÈNE VI 
Les précédents, Rosalinde 

Rosalinde, survenant. 

Salut! je suis 
Alors, qu'il le faut décidément, depuis 
Tous ces étonnements où notre cœur se joue, 
A votre chariot la cinquième roue. 

(A Myrtil.) 

Je vous rends vos serments anciens et les nouveaux 
Et les récents, les vrais aussi bien que les faux. 

Myrtil, au bras de Chloris et protestant 
comme par manière d'acquit. 

Chère ! 

Rosalinde 

Vous n'avez pas besoin de vous défendre, 
Car me voici rainic intime de Sylvandre. 

Sylvandhk, ravi, surpris, et léger. 

() doux Chnryhde après un aimable Soylla! 
Mais celle-ci va faire ainsi que colle-là 
Sans doute, et toutes deux, adorables coquettes 
Dont les caprices sont bel et bien des raquettes 



LES UNS ET LES AUTRES 11) 

Joueront avec mon cœur, je le crains, au volant. 

Ghloris, à Sylva?idre. 
Fat! 

Rosalinde, au même. 

Ingrat ! 

Myrtil, au même. 
Insolent! 

Sylvandre, à Myrtil. 

Quant à cet « insolent ». 
Ami cher, mes griefs sont au moins réciproques 
Et s'il est vrai que nous te vexions tu nous choques. 

(A Rosalinde et à Chloris.) 
Mesdames, je suis votre esclave à toutes deux, 
Mais mon cœur qui se cabre aux chemins hasardeux 
Est un méchant cheval réfractaire à la bride 
Qui devant tout péril connu s'enfuit, rapide, 
A tous crins, s'allàt-il rompre le col plus loin. 

(-1 Rosalinde.) 

Or, donc, si vous avez, Rosalinde, besoin 

Pour un voyage au bleu pays des fantaisies 

D'un franc coursier, gourmand de provendes choisies 

Et quelque peu fringant, mais jamais rebuté, 

Chevauchez à loisir ma bonne volonté. 



20 LES UNS ET LES AUTRES 



Myrtil 

La déclaration est un tant soit peu roide. 

Mais bah, chat échaudé craint l'eau, fut-elle froide, 

(A Rosalinde.) 
N'est-ce pas, Rosalinde, et vous le savez bien 
Que ce chat-là surtout, c'est moi. 

Rosalinde 

Je ne sais rien. 

Myrtil 

Et puisqu'en ce conflit où chacun se rebiffe 
Chloris aussi veut bien m'avoir pour hippogriffe 
De ses rêves devers la lune ou bien ailleurs, 
Me voici tout bridé, couvert d'ailleurs de fleurs 
Charmantes aux odeurs puissantes et divines 
Dont je sentirai tôt ou tard les épines. 

(-■4 Chloris.) 
Madame, n'est-ce pas? 

Chloris 

Taisez-vous et m'aimez. 
Adieu, Sylvandre! 

Rosalinde 
Adieu, Myrtil! 



LES UNS ET LES AUTRES 21 



Myrtil, à Rosalinde. 

Est-ce à jamais? 

Sylvandre, à Chloris. 
C'est pour toujours? 

Rosalinde 
Adieu, Myrtil ! 

Chloris 

Adieu, Sylvandre ! 

(Sortent Sylvandre et Rosalinde.) 

SCÈNE VII 

Myrtil, Chloris 

Chloris 

C'est donc que vous avez de l'amour à revendre 
Pour, le joug d'une amante irritée écarté, 
Vous tourner aussitôt vers ma faible beauté ? 

Myrtil 
Croyez- vous qu'elle soit à ce point offensée? 

Chloris 
Qui? ma beauté? 



22 LES UNS ET LES AUTRES 



Myrtil 
Non. L'autre... 

Ciiloris 

Ah ! — J'avais la pensée 
Bien autre part, je vous l'avoue, et m'attendais 
A quelque madrigal un peu compliqué, mais 
Sans doute vous voulez parler de Rosalinde 
Et du courroux auquel son cœur crispé se guindé... 
N'en doutez pas, elle est vexée horriblement. 

Myrtil 
En êtes-vous bien sure? 

Chloris 

Ah çà, pour un amant 
Tout récemment élu, sur sa chaude supplique 
Encore ! et dans un tel concours mélancolique 
Malgré qu'un tant soit peu plaisant d'événements, 
Ne pouvez-vous pas mieux employer les moments 
Premiers de nos premiers amours, ô cher Thésée 
Qu'à vous préoccuper d'Ariane laissée? 
— Mais taisons cela, quitte à plus tard en parler. — 
Eh oui. là je vous jure, à ne vous rien celer, 
Que Rosalinde éprise encor d'un infidèle, 
Trépigne, peste, enrage, et sa rancœur est telle 
Qu'elle m'en a pris mon Sylvandre de dépit. 



LES UNS ET LES AUTRES 23 



Myrtil 
Et vous regrettez fort Sylvandre? 

Chloris 

Mal lui prit, 
Que je crois, de tomber sur votre ancienne amie? 

Myrtil 
Et pourquoi? 

Chloris 

Faux naïf! je ne le dirai mie. 

Myrtil 
Mais regrettez-vous fort Sylvandre? 

Chloris 

M'aimez-vous, 
Vous? 

Myrtil 

Vos yeux sont si beaux, votre... 

Chloris 

Ètes-vous jaloux 
De Sylvandre? 

Myrtil, très vivement. 

oui! 

(Se reprenant) 

Mais au passé, chère belle. 



È4 LES UNS ET LES AUTRES 



Chloris 

Allons, un tel aveu, bien que tardif, s'appelle 
Une galanterie et je l'admets ainsi. 
Donc vous m'aimez? 

Myrtil, distrait, après un silence. 

oui! 

Chloris 

Quel amoureux transi 
Vous seriez si d'ailleurs vous l'étiez de moi ! 

Myrtil, même jeu que précédemment. 

Douce 
Amie! 

Chloris 

Ah, que c'est froid ! « Douce amie ! » Il vous trousse 
Un compliment banal et prend un air vainqueur! 
J'aurai longtemps vos « oui » de tantôt sur le cœur. 

Myrtil, indolemment. 
Permettez... 

Chloris 
Mais voici Rosalindc et Sylvan^re. 

Myrtil, comme réveillé en sursaut. 
Rosalinde! 



LES TINS ET LES AUTRES 23 



Cfiloris 

Et Sylvandre. Et quel besoin de fendre 
Ainsi l'air de vos bras en façon de moulin? 
Ils débusquent. Tournons vite le terre-plein 
Et vidons, s'il vous plait, ailleurs cette querelle. 

(Ils sortent.) 



SCÈNE VIII 

Sylvandre, Rosalinde 

Sylvandre 
Et voilà mou histoire en deux mots. 

Rosalinde 

Elle est telle 
Que j'y lis à l'envers l'histoire de Myrtil. 
Par un pressentiment inquiet et subtil 
Vous redoutez l'amour qui venait et sa lèvre 
Aux baisers inconnus encore, et lui qu'enfièvre 
Le souvenir d'un vieil amour désenlacé, 
Stupide autant qu'ingrat, il a peur du passé, 
Et tous deux avez tort, allez Sylvandre. 



Sylvandre 
Qu'il a tort... 



Dites 



3 



26 LES UNS ET LES AUTRES 



ROSALINDE 

Non, tous deux, et vous n'êtes pas quittes, 
Et tous deux souffrirez, et ce sera bien fait. 

Sylvandre 

Après tout je ne vois que très mal mon forfait 

Et j'ignore très bien quel sera mon martyre 

(Minaudant.) 
A moins que voire cœur... 

ROSALINDE 

Vous avez tort de rire. 

Sylvandre 

Je ne ris pas, je dis posément d'une part, 

Que je ne crois point tant criminel mon départ 

D'avec Ohloris, coquette aimable mais sujette 

A caution, et puis, d'autre part je projette 

DVtrc heureux avec vous qui m'avez bien voulu 

Recueillir quand brisé, désemparé, moulu. 

Renié par ma mai tresse et planté là par elle 

J'allais probablement me brûler la cervelle 

Si j'avais eu quelque arme à feu sous mes dix doigts. 

Oui. je vais vous aimer, je le veux (je le dois 

En outre), je vais vous aimer à la folie... 

Donc, arrière, regrets, dépit, mélancolie ! 

Je serai votre chien féal, ton petit loup 

Bien doux... 



LES UNS ET LES AUTRES 27 



ROSALINDE 

Vous avez tort de rire, encore un coup. 

Sylvandre 

Encore un coup, je ne ris pas. Je vous adore, 

J'idolâtre ta voix si tendrement sonore, 

J'aime vos pieds, petits à tenir dans la main, 

Oui font un bruit mignard et gai sur le chemin 

Et luisent, rêves blancs, sous les pompons des mules. 

Quand tes grands yeux, de qui les astres sont émules 

Abaissent jusqu'à nous leurs aimables rayons, 

Comparable à ces fleurs d'été que nous voyons 

Tourner vers le soleil leur fidèle corolle 

Lors je tombe en extase et reste sans parole, 

Sans vie et sans pensée, éperdu, fou, hagard, 

Devant l'éclat charmant et fier de ton regard. 

Je frémis à ton souffle exquis comme au vent l'herbe, 

ma charmante, orna divine, ô ma superbe, 

Et mon âme palpite au bout de tes cils d'or... 

— A propos, croyez- vous que Chloris m'aime encor? 

Rosalinde 
Et si je le pensais? 

Sylvandre 

Question saugrenue 
En effet ! 

Rosalinde 

Voulez-vous la vérité bien nue ? 



-. "■"RE- 



' .... i ii. ii. ». \ ^. •• - Ht" vni-!-. 

• • . • . I « i . . . . . ■ ...!•: : . . . ::■.".:■ 1 1 .. 

I; •.■.::w: 

i . l ..ii >.i ii. . » ■ >i.iî :■; ï»;itii.iht'. . 

i ..!..... .il. i lil ii * . .n :i !-.i 

*^ . . V .MUS! 

Ii ii i lia tilt* 

.1.1. III. III. \ll-ill- itnll< 

•*". i. /■ h inii t' •tniii. ù jtar!.* 

iii'iv: 

Ouoi. 
,. .i. .i . •• t . 

*'-.•« V M 1 1 ; 1 

i . .'..ii. < .il.'u'i mm! *»:i lui. 

1 1 1 i i •• . '. i ■ < Aï * i i ; '• 

Il », il .»... »..'.. ». ht'ihf'h/ . 

I Ile le leur ri-. 

i' > -. il . . il il i .uitii ' 

^ll\ VM'Ii» 

y ne je meure 



i 

« 
■ 

r 



LES UNS ET LES AUTRES 29 



Si je comprends ce cri jaloux ! 

ROSALINDE 



Ah, taisez- vous ! 



Sylvandbe 
Un trompeur ! une folle ! 

Rosalinde 

Es-tu donc pas jaloux 
De Myrtil, toi, hein, dis ? 

Sylvandre, comme frappé subitement 
d'une idée douloureuse. 

Tiens ! la fâcheuse idée 
Mais c'est qu'oui ! me voici Târne tout obsédée... 

Rosalinde, presque joyeuse. 
Ah, vous êtes jaloux aussi, je savais bien ! 

Sylvandre, à part. 

Feignons encor. 

(A Rosalinde,) 

Je vous jure qu'il n'en est rien 
Et si vraiment je suis jaloux de quelque chose 
Le seul Myrtil du temps jadis en est la cause. 

3. 



30 LES UNS ET LES AUTRES 



ROSALINDE 

Trêve de compliments fastidieux. Je suis 

Très triste, et vous aussi. Le but que je poursuis 

Est le vôtre. Causons de nos deuils identiques. 

Des malheureux ce sont, il paraît, les pratiques, 

Cela, dit-on, console. Or nous aimons toujours 

Vous Chloris, moi Myrtil, sans espoir de retours 

Apparents. Entre nous la seule différence 

C'est (pie Ton m'a trahie, et que votre souffrance 

A vous vient de vous-même, et n'est qu'un châtiment. 

Ai -je tort? 

Sylvandre 

Vous lisez dans mon cœur couramment, 
Chère Chloris, je t'ai méchamment méconnue l 
Qui me rendra jamais ta malice ingénue, 
Et ta gaité si bonne, et ta grâce, et ton cœur? 

Rosalinde 

Et moi, par un destin bien autrement moqueur. 
Je pleure après Myrtil infidèle... 

Sylvanmie 

Infidèle! 
Mais c'est qu'alors Chloris l'aimerait. mort d'elle! 



LES UNS ET LES AUTRES 31 

J'enrage et je gémis! Mais ne disiez-vous pas 
Tantôt qu'elle m'aimait encore. — cieux, là-bas, 
Regardez, les voilà. 

Rosalinde 

Qu'est-ce qu'ils vont se dire? 

(Ils remontent le théâtre.) 



SCÈNE IX 
Les précédents, Chloris, Myrtil 

Chloris 

Allons, encore un peu de franchise, beau sire 
Ténébreux. Avouez votre cas tout à fait. 
Le silence, n'est-il pas vrai? vous étouffait, 
Et l'obligation banale où vous vous crûtes 
D'imiter à tout bout de champ la voix des flûtes 
Pour quelque madrigal bien fade à mon endroit 
Vous étouffait, ainsi qu'un pourpoint trop étroit ? 
Votre cœur qui battait pour elle dut me taire 
Par politesse et par prudence son mystère ; 
Mais à présent que j'ai presque tout deviné 
Pourquoi continuer ce mutisme obstiné? 
Parlez d'elle, cela d'abord sera sincère. 
Puis vous souffrirez moins, et, s'il est nécessaire 



32 LES UNS ET LES AUTRES 

De vous intéresser aux souffrances d'autrui, 
«Tai besoin, en retour, de vous parler de lui ! 

Myrtil 
Et quoi, vous aussi, vous! 

Chloris 

Moi-même, hélas! moi-même 
Puis-je encore espérer que mon bien-aimé m'aime? 
Nous étions tous les deux Svlvandre, si bien faits 
L'un pour l'autre! Quel sort jaloux, quel dieu mauvais 
Fit ce malentendu cruel qui nous sépare? 
Hélas, il fut frivole encor plus que barbare 
Et son esprit surtout lit que son cœur pécha, 

Myrtil 

Espérez, car peut-être il se repent déjà. 
Si j'en juge d'après mes remords. . . 

(Il sanglote.) 
Et mes larmes ! 

(Sylvandre et Rosalinde se pressent la main.) 

Rosalinde, survenant. 
Les pleurs délicieux! Cher instant plein de charmes! 

Myrtil 
C'est affreux ! 



LES UNS ET LES AUTRES 33 



ClILORIS 

douleur î 

Rosalinde, sur la pointe du pied et très bas. 

Chloris ! 

ClILORIS 

Vous étiez là 1 

ROSALINDE 

Le sort capricieux qui nous désassembla 
A remis, faisant trêve à son ire inhumaine, 
Sylvandre en bonnes mains, et je vous le ramène 
Jurant son grand serment qu'on ne l'y prendrait plus. 
Est-il trop tard ! 

Sylvandre, à Chloris. 
point de relus absolus ! 
De grâce ayez pitié quelque peu. La vengeance 
Suprême c'est d'avoir un aspect d'indulgence, 
Punissez-moi sans trop de justice et daignez 
Ne me point accabler de traits plus indignés 
Que n'en méritent — non mes crimes, mais ma tète 
Folle, mais mon cœur faible et lâche... 

(// tombe à genoux.) 

Chloris 

Étes-vous hôte? 



34 LES UNS ET LES AUTRES 



Helevez-vous, je suis trop heureuse à présent 
Pour vous dire quoi que ce soit de déplaisant 
Kt je jette à ton cou chéri mes bras de lierre. 
Nous nous expliquerons plus tard. (Et ma première 
Querelle et mon premier reproche seront pour 
1/air de doute dont tu reçus mon pauvre amour 
Qui. s'il a quelques tours étourdis et frivoles, 
N'eu est pas moins, parmi ses apparences folles. 
Quelque eliose de tout dévoué pour toujours, 
houe, ehassons ee nuat?e. et reprenons le cours 
l>e la eharmante ivresse où s'exalta notre âme. 

(A Rosalinde.) 

VA quant à vous, soyez sûre, bonne Madame, 
l>e mon amitié franche — et baisez votre sœur. 

{F.es deux femmes s'embrassent.) 

Sylvaniuie 
<> si joveuse avec loule eetle douceur! 

Rosvlindk, à Myrtil. 
Que diriez vous, Myrtil. si je faisais comme elle? 

M Y UTIL 

Dieux! «dh» a pardonné, clémente autant que belle. 



LES UNS ET LES AUTRES 35 



(A Rosalinde.) 
laissez-moi baiser vos mains pieusement ! 

Rosalinde 

Voilà qui finit bien et c'est un cher moment 
Que celui-ci. Sans plus parler de ces tristesses, 
Soyons heureux, 

(4 Chloris et à Sylvandre.) 

Sachez enlacer vos jeunesses, 
Doux amis, et joyeux que vous êtes, cueillez 
La fleur rouge de vos baisers ensoleillés. 

(Se tournant vers Myrtil.) 

Pour nous, amants anciens sur qui gronda la vie, 
Nous vous admirerons sans vous porter envie, 
Ayant, nous, nos bonheurs discrets d'après-midi. 

(Tous les personnages de la scène I ve reviennent 
se grouper comme au lever du rideau.) 

Et voyez, aux rayons du soleil attiédi, 

Voici tous nos amis qui reviennent des danses 

Comme pour recevoir nos belles confidences. 



-i.i ; .\>; x 



M 1 /'**•'•': !•'■•'. ■.■■':!*■». ».u- j i. 



Ï..1 iH<,r<\\t- \t\ ui'*.\\\e,\\rf:. 

\',U * f mori'I'* On ks frlll-i foil» 

Sont. !'■> nln-t -;i^s oV tous. 

r / 

'- '■■I /H/or 'ImiMnt rfifiin;. 

Il <'ji."H # I #- ii'i-lri* point 
\f i- In 1 1#-# il irj m* H. iiionmc, 
I ;i vir ru| ■ * 1 1 • » une rlmsit 
(il ;i\i> i»| i ri'llr i\ ci 1 | »< i il 1 1 ? 

[t.ti toi h hiiiihi*.) 



V X U » . \ . \ »s i li ï X. \ !. : 5- ', : . ;. x ;* ; ! n «; | •; » v > r \ 



LtoilH IMS IHtU, 19, gui Sanl-lkhel, P«w. 



i-v ni, V Kit LAINE 



Madame Aubin. < 



Chérubin, troia 



1 IIAKLI'S iioiiiii: 






EDOUARD DIUAHDI* 

Antonia, Intf'itlii' nii.iiii>i-iiP un In lis liftes t'I i'ii v.'r- liti 

h mUimi i 1 « - ..... 

■■ ■ l.i in 1 ni 1 1 i.- I.... .11 /'A. ..II..' ■ ..' ,.f,/,ii,:„ii„i,. 

siéI'iiam: hii.1 tiiHi: 

Le Corbeau, iiui'iiii' it'frlgu Poe UMilu 

-Mallll IIUi. - 'illi-- Il' fil 1 1 1 r I. ■ ni'.- || ■'. !.. _,Lr l'i"-. ,1 

illuslratioiis de Mmxl, be -B° . 

;■«■■■ rt'AM 

P.1UL F uni' (.Directeur iln HuSàm it'Ai 

La Petite Bête. i< lie bi ete, iîii [Mis* 1 . . 

■ ■ i,..i,.i,|,,. !.,,,.,,, ii,.':,i..-.i i.i.n-..,.!.,!,.-. m 

Pi:i.i\i: ut. COMBESOI SSB 

Un Avociil sans cause, un .nir, eji vers. . . . 
•iwgi ES \ «tus 

L'Amour vainqueur, un :i. ;li . 

I I It \ \\l> 11 VIS Kit 

Pierrot, paume dramatique en un acte, en vers, 
VIDAI. ET BYI. 

Sosur Philomene .... 

du ■ ■ 

11 i, ■